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Dépistage du cancer colorectal : faites le test !

Cancer colorectal : deuxième cancer le plus répandu, il est encore méconnu du grand public. Pour le docteur Luc Colemont, Managing Director de Stop Darmkanker, le maître-mot de la lutte contre cette maladie  est le dépistage.

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Docteur Luc Colemont

Managing Director de Stop Darmkanker

Quelles sont la fréquence et la dangerosité du cancer colorectal ?

« Après celui du poumon, c’est le plus fréquent, tant chez les hommes que chez les femmes. En Belgique, cela représente plus de 8 000 nouveaux cas par an, soit 23 recensés par jour, qui donnent lieu à 9 décès quotidiens. »

« En moyenne, une personne sur vingt est atteinte par le cancer colorectal au cours de son existence. Le risque est plus élevé parmi les personnes dont la maladie est héréditaire et dont la famille a déjà connu plusieurs cas. »

« Ceci représente 20 % des malades. Dans 80 % des cas, il n’y a donc pas d’antécédents familiaux. »

Le taux de survie en Belgique est-il dans la moyenne européenne ?

« Avec 68 %, il est relativement plus élevé qu’ailleurs : notre pays occupe même la deuxième place au niveau européen, après l’Islande. Ceci est dû au fait que nous bénéficions d’hôpitaux universitaires et d’équipes médicales qui réalisent du très bon travail. »

« En outre, nous disposons d’un programme de dépistage qui fonctionne très bien, en particulier en Flandre où le taux de participation de la population est de 51 % depuis son lancement en 2013.

Malheureusement, le dépistage en Wallonie, atteint à peine 20 % de participation.

« Malheureusement, le dépistage en Wallonie, organisé depuis 2009, atteint à peine 20 % de participation. Ceci s’explique en partie par le fait qu’au Sud du pays, le système impose au patient de consulter d’abord un médecin généraliste pour pouvoir passer le test. »

« Pourtant, depuis 2003, la Commission européenne considère que tout le monde devrait recourir à un dépistage à partir de 50 ans. »

Comment se déroule un dépistage ?

« Cela commence par un test très simple, facilement praticable à domicile. Il vise à détecter le sang occulte dans les selles ; on y plonge un bâtonnet, qui sera ensuite analysé. On reçoit le résultat par courrier dans les deux semaines. »

« Si le test est négatif, on vous conseille de le refaire deux ans plus tard. S’il est positif, soit dans quelque 5 % des cas, cela ne signifie pas nécessairement que le cancer s’est développé, mais on vous conseille de procéder à un examen supplémentaire. »

« En Flandre, les personnes de 51 à 74 ans reçoivent d’office ce test à domicile. »
 



En quoi consiste cet examen supplémentaire ?

« C’est une colonoscopie, soit un examen de l’intestin. On introduit une petite sonde munie d’une caméra dans le côlon pour déceler les polypes éventuels. »

« Il ne faut pas en avoir peur : il se déroule en hôpital de jour dans des conditions confortables, avec une légère anesthésie. On conseille aux personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal de pratiquer d’office ce type d’examen. »

En quoi le dépistage améliore-t-il le pronostic de guérison ?

« Le problème de ce cancer, c’est qu’au début, il ne présente pas de symptômes. C’est pour cela qu’on le désigne comme un « tueur silencieux ». Le dépistage est donc essentiel pour le déceler. »

Le problème de ce cancer, c’est qu’au début, il ne présente pas de symptômes.

« D’autant plus que comme la maladie évolue relativement lentement, il y a 95 % de chances de la guérir si on la décèle à un stade précoce, avant l’apparition de ganglions et de métastases. »

« Le cancer commence en effet par de petits polypes bénins, qui grossissent ensuite durant 8 à 10 ans avant de devenir malins. On peut souvent enlever les polypes dès l’examen. »

« Si on ne détecte le cancer qu’au stade IV, avec ganglions et métastases, le taux de survie chute entre 11 et 15 % en moyenne. »

Peut-on favoriser la non-émergence de la maladie ?

« Selon une étude récente, un style de vie sain où l’on supprime l’obésité, l’alcool et le tabac au profit d’une alimentation équilibrée et d’exercices physiques réguliers permettrait d’éviter 50 % des cancers colorectaux. »

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