Rares et souvent silencieuses, les tumeurs neuroendocrines restent mal connues du grand public.

Professeur Ivan Borbath
Chef de clinique en hépato-gastro-entérologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc
On en parle peu, mais elles concernent des centaines de Belges chaque année. « On estime à environ 800 nouveaux cas par an en Belgique », explique le professeur Ivan Borbath, chef de clinique en hépato-gastro-entérologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Des chiffres modestes comparés aux 12 000 cas annuels de cancer de la prostate, mais trompeurs. « Comme ces tumeurs ont souvent un meilleur pronostic, beaucoup de patients vivent très longtemps avec. »
Les tumeurs neuroendocrines peuvent apparaître « à tous les étages du tube digestif » : estomac, intestin, côlon, pancréas… Leur évolution dépend fortement de l’organe touché et du grade de la tumeur. « Le grade, c’est l’agressivité des cellules au microscope. Et très souvent, il est bas », précise le spécialiste. Résultat : même avec des métastases, certaines évoluent lentement sur plusieurs années.
On estime à environ 800 nouveaux cas par an en Belgique.
Des symptômes trompeurs
Leur rareté complique le diagnostic. Certaines tumeurs sécrètent des hormones, provoquant des symptômes atypiques. « On parle de bouffées de chaleur très brèves, qu’on appelle des flushs, ou des diarrhées. Mais ces signes ont de multiples causes et retardent souvent le diagnostic. D’autres tumeurs sont découvertes par hasard lors d’une coloscopie ou d’un scanner. »
Des traitements de plus en plus ciblés
Ces cancers ont une particularité : leurs cellules possèdent des récepteurs spécifiques à leur surface. « Ils sont comme des serrures dans laquelle des clés très précises peuvent entrer. » Cette propriété permet d’imager les tumeurs avec précision, mais aussi de les traiter par les analogues de la somatostatine. Ceux-ci, injectés aux patients, « calment les symptômes et stabilisent la croissance dans environ la moitié des cas ». Plus innovante encore : la radiothérapie interne vectorisée. « On attache une particule radioactive à l’analogue, qui se fixe sur la cellule tumorale : la radioactivité est délivrée directement à la cellule. C’est un traitement révolutionnaire. » De nouvelles thérapies ciblées sont appelées à devenir prochainement accessibles, élargissant ainsi l’éventail des options thérapeutiques.
Pour le professeur Borbath, la clé reste l’expertise. L’objectif ? Affiner la stratégie et mieux informer les patients. « Comprendre sa maladie et son pronostic fait aussi partie du traitement. »
Cet article a été rédigé avec le soutien d’Ipsen. Son contenu a été élaboré de manière indépendante par un auteur externe. ALLSC-BE-000416 Févr 2026