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Santé Féminine

HPV : un virus discret qui peut coûter la vie 

La vaccination reste l’arme la plus efficace, mais la couverture demeure insuffisante en Wallonie. 

Dr Pascale Grandjean

Gynécologie -obstétrique – Cheffe de service -CHU Helora Mons 

Les papillomavirus humains (HPV) circulent depuis longtemps, mais la sensibilisation reste nécessaire. « Il existe une centaine de types de HPV dont une quinzaine sont oncogènes, c’est-à-dire qu’ils favorisent l’apparition de lésions précancéreuses ou cancéreuses », explique la Dre Pascale Grandjean, gynécologue-obstétricienne et cheffe de service au CHU Helora Mons. 

Le cancer le plus connu est celui du col de l’utérus, mais il est loin d’être le seul. « On retrouve aussi le HPV dans des cancers du pénis, de la vulve,du vagin, des cancers ORL, du rectum et de la marge anale. » Le virus se transmet principalement lors de contacts sexuels peau à peau. « Il ne faut pas nécessairement une pénétration, Le préservatif réduit le risque de transmission mais ne protège donc pas complètement. » 

Dans la majorité des cas, l’infection passe inaperçue. « Il y a peu de symptômes. Ils apparaissent surtout quand la lésion est déjà avancée. Certaines formes provoquent des verrues génitales, appelées condylomes, mais ces virus-là ne sont généralement pas oncogènes », précise-t-elle. Il faut signaler également qu’une personne infectée peut être porteuse de plusieurs souches. 

Entre 30 et 64 ans, on dépiste désormais l’HPV dans le frottis de col tous les cinq ans. En Belgique, environ 600 cancers du col sont diagnostiqués chaque année. 

pistage et vaccination le duo pour éviter des traitements lourds. 

Depuis 2024, le dépistage a évolué. Entre 30 et 64 ans, on dépiste désormais l’HPV dans le frottis de col tous les cinq ans. En Belgique, environ 600 cancers du col sont diagnostiqués chaque année. « Ce n’est pas le cancer le plus fréquent, mais il touche souvent des femmes jeunes, entre 35 et 40 ans. Et les traitements sont lourds : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie. » 

La vaccination constitue aujourd’hui la meilleure prévention. « Elle est recommandée avant 14 ans, idéalement avant les premiers rapports sexuels. Depuis 2019, garçons et filles sont concernés. Et même après un début de vie sexuelle la vaccination reste utile. » 

Le vaccin est gratuit jusqu’à 18 ans accomplis et administré en deux doses (avant 15 ans), souvent à l’école. Pourtant, les taux de couverture varient fortement. « En Flandre, on approche les 90 %. Dans le Hainaut ou à Bruxelles, on est autour de 33 à 34 %, ce qui est insuffisant. C’est pourtant un enjeu majeur de santé publique », conclut-elle.  

Pour cette raison, il est recommandé de contacter le médecin généraliste afin de vérifier le statut vaccinal de l’adolescent et, le cas échéant, de bénéficier de la vaccination de rattrapage. 

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