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Santé féminine

Ménopause : déconstruire les peurs pour mieux prévenir

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Avec un bon accompagnement, la ménopause peut être un « non-évènement », selon Eveline Markowicz. Longtemps perçue comme une étape inévitable et une souffrance taboue de la vie des femmes, la ménopause fait aujourd’hui l’objet d’un regard nouveau.


Dr Eveline Markowicz

GYNÉCOLOGUE OBSTÉTRICIENNE

Pour Eveline Markowicz, gynécologue et pionnière de la prise en charge de la ménopause en Belgique, cette période ne devrait plus être synonyme de résignation. « La ménopause n’est pas une fatalité. On dispose désormais de solutions efficaces pour améliorer la qualité de vie des femmes », affirme-t-elle.

L’impact des idées reçues sur la ménopause

Fondatrice de la clinique de la ménopause en 1981 à l’hôpital Erasme, Eveline Markowicz observe depuis plus de quarante ans les résistances persistantes entourant les traitements hormonaux. « Les principaux obstacles ont longtemps été les croyances des patientes, persuadées que les hormones vont leur donner un cancer du sein, mais aussi celles de nombreux soignants », constate-telle. Une méfiance largement alimentée par une vaste étude américaine publiée en 2002. «  Tous les médias ont titré que la prise d’hormones augmentait le risque de cancer du sein. Cela a provoqué un abandon massif des traitements », rappelle la gynécologue.

Cette étude continue pourtant à peser sur les pratiques, malgré de nombreuses remises en question scientifiques. « La population étudiée avait en moyenne 60 ans, était majoritairement obèse et recevait des hormones qui ne sont plus utilisées aujourd’hui. Ce n’était ni la bonne population, ni le bon traitement », souligne Eveline Markowicz.

La ménopause n’est pas une fatalité. On dispose désormais de solutions efficaces pour améliorer la qualité de vie des femmes.

Un enjeu de santé

La ménopause concerne pourtant toutes les femmes et s’accompagne de symptômes souvent durables. « Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes touchent environ 80 % des femmes et durent en moyenne huit ans. Pour 15% d’entre elles, les symptômes persistent encore plus longtemps », précise-t-elle. Fatigue, troubles du sommeil, difficultés de concentration, douleurs articulaires ou sécheresse vaginale peuvent fortement altérer la qualité de vie. « La diminution de la performance au travail est considérable pendant la ménopause, ce qui commence enfin à interpeller le monde politique », observe la spécialiste.

Malgré cet impact, peu de femmes sont traitées. En Belgique, seul environ 200 000 femmes âgées de 45 à 60 ans bénéficient d’un traitement hormonal, alors que plus d’un million et demi pourrait potentiellement y avoir accès. « Je ne milite pas pour un traitement à tout-va, mais pour une information correcte, et elle est loin d’être suffisante aujourd’hui », insiste Eveline Markowicz.

Prévention et protection hormonale

Autre enjeu majeur, souvent négligé : l’ostéoporose. «  La perte osseuse s’accélère au moment de la ménopause. Les fractures vertébrales et du col du fémur qui en découlent entraînent une mortalité bien plus importante qu’on ne l’imagine », souligne la gynécologue.

Les données scientifiques montrent pourtant des bénéfices clairs du traitement hormonal. « On observe moins d’infarctus, moins d’accidents vasculaires cérébraux, moins d’ostéoporose et probablement une protection contre la démence », affirme Eveline Markowicz. Elle nuance toutefois : « Je n’ai jamais dit que le risque de cancer du sein était nul, mais il faut le comparer à d’autres facteurs comme l’alcool, le tabac, la sédentarité ou le surpoids. »

Quand les femmes sont informées à temps, la ménopause peut devenir un non-événement. Elles comprennent ce qui leur arrive et savent qu’il existe des solutions pour se sentir mieux.

L’anticipation, clé de la ménopause

Sur le plan pratique, le traitement repose sur un principe simple : compenser le manque d’œstrogènes, responsables de la majorité des symptômes. « Aujourd’hui, on utilise des hormones bio-identiques, strictement identiques à celles produites naturellement par le corps », explique la spécialiste. La voie transdermique, sous forme de gel , de spray, ou de patch, est privilégiée pour un moindre impact cardiovasculaire. A associer à de la progestérone selon la présence ou non de l’utérus.

Pour Eveline Markowicz, la clé réside avant tout dans l’anticipation. « Quand les femmes sont informées à temps, la ménopause peut devenir un non-événement. Elles comprennent ce qui leur arrive et savent qu’il existe des solutions pour se sentir mieux », conclut-elle. Un message qu’elle porte depuis plus de quarante ans, avec la conviction que l’information correcte des patientes permet une prise en charge optimale.

BES-2026-005 (Approval date 03/03/2026)

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