L’Unité de recherche clinique de Pfizer (PCRU), implantée à Anderlecht, mène actuellement une étude visant à évaluer le passage d’un médicament spécifique dans le lait maternel. Le Docteur Josue Mfopou Kunjom, Directeur des opérations cliniques, détaille les enjeux de ce protocole rigoureux qui nécessite le recrutement de plusieurs volontaires.

Le Docteur Josue Mfopou Kunjom
DIRECTEUR DES OPÉRATIONS CLINIQUES
Un médicament administré à une femme allaitante se retrouve-t-il dans son lait et, par extension, peut-il impacter le nourrisson ? C’est pour répondre à cette interrogation fondamentale que la PCRU a lancé une nouvelle étude clinique relative à un médicament expérimental. Comme le précise Josue Mfopou Kunjom, « l’objectif est d’établir des recommandations claires pour le corps médical et de permettre, à l’avenir, aux femmes souffrant de pathologies traitées par cette molécule de poursuivre ou d’adapter leur traitement sans risque pour leur enfant. »
Il s’agit d’une étude de phase 1, une étape charnière de la recherche humaine qui suit les tests en laboratoire. « Ici, l’accent est mis sur la pharmacocinétique, c’est-à-dire l’observation précise de la variation de la concentration du médicament dans le sang et le lait au fil du temps », précise le directeur des opérations cliniques.
L’objectif est d’établir des recommandations claires pour le corps médical et de permettre, à l’avenir, aux femmes souffrant de pathologies traitées par cette molécule de poursuivre ou d’adapter leur traitement sans risque pour leur enfant.
Un séjour de 8 jours sous haute surveillance
Pour cette recherche, Pfizer recrute des femmes de 18 à 55 ans, en bonne santé, qui allaitent exclusivement ou partiellement un nourrisson âgé de minimum 3 mois avant le début de l’étude. « Le processus de sélection est méticuleux. Par exemple, afin de garantir la sécurité totale des mères, une fréquence cardiaque trop basse peut s’avérer éliminatoire », ajoute notre interlocuteur.
Le protocole exige un séjour de 8 jours au sein de l’unité d’Anderlecht, un centre qui existe depuis 33 ans. « Durant cette période, le médicament est administré quotidiennement et les médecins, infirmiers et gestionnaires de projets de notre clinique offrent un système de sécurité identique à celui d’un hôpital classique. »
Par mesure de précaution, l’allaitement maternel est suspendu pendant toute la durée du séjour et durant les 14 jours suivant la sortie. Ce délai correspond au temps nécessaire pour que la molécule disparaisse totalement de l’organisme. Il est donc indispensable que le nourrisson ait déjà accepté une alimentation de substitution. Pour améliorer le confort pendant le séjour, « nous fournissons aussi le matériel nécessaire afin que la maman n’ait à se soucier de rien », précise encore Josue Mfopou Kunjom. En effet, « les participantes logent dans des chambres individuelles et bénéficient d’un encadrement spécifique pour que le séjour ne soit pas perçu comme une expérience hospitalière froide. »
Sans ces volontaires, aucun progrès médical ne serait possible. Participer à une telle étude est un acte de solidarité citoyenne.
Une opportunité concrète de soutenir l’innovation médicale
Vu qu’il s’agit d’une étude de phase 1 sur des volontaires sains n’ayant aucun bénéfice thérapeutique personnel, une compensation financière est prévue et approuvée par un comité éthique belge indépendant. « Comme les participants donnent de leur temps, c’est tout à fait normal », estime le Dr Mfopou Kunjom, qui souligne par ailleurs toute l’importance d’un tel engagement pour la recherche clinique. « Sans ces volontaires, aucun progrès médical ne serait possible. Participer à une telle étude est un acte de solidarité citoyenne. Savoir que l’on contribue à l’étude d’un médicament qui, demain, aidera des milliers de patients, apporte une satisfaction personnelle qui n’a pas de prix. »
Les personnes intéressées par cette opportunité de soutenir l’innovation médicale ont jusqu’en juillet pour s’inscrire, afin de permettre le bon déroulement des tests avant la clôture définitive de l’étude prévue pour la fin de la période estivale.