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Vivre avec la maladie plutôt que contre elle

Dr. Manfredi VENTURA, DIRECTEUR MÉDICA

Apprendre que l’on est malade est un choc qui va bouleverser la vie de celui qui en est victime. En effet jusqu’à ce moment qui nous guette tous, nous pensons que la (bonne) santé est un bien acquis définitivement.

Une fois cet événement brutal passé, le patient est souvent confronté à une autre réalité : de nombreuses affections sont chroniques. Elles ne peuvent pas être guéries mais simplement contenues ou ralenties par un traitement bien mené. Il doit alors apprendre à s’ajuster, à envisager autrement son existence, en tenant compte, cette fois-ci, de la présence de la maladie.

Accepter la maladie et sa vulnérabilité

Plutôt que de considérer la maladie comme un ennemi à éliminer, il est souvent plus constructif de vivre avec, plutôt que contre elle. Ce n’est pas une résignation, mais une intégration de la maladie dans son existence, quitte à changer quelque peu en acceptant sa propre vulnérabilité. La perfection n’est pas réaliste : chacun a ses failles, ses limites. Si le corps est le lieu de tous les possibles, il est aussi celui de toutes les fragilités.

Si le corps est le lieu de tous les possibles, il est aussi celui de toutes les fragilités.

La maladie comme source de résilience et de transformation

Au lieu de dépenser son énergie à nier la maladie, on apprend à coexister avec elle, à mieux se percevoir et à adapter son mode de vie. La maladie devient une partie de l’histoire personnelle, une source de résilience et, parfois même, de développement. Certains patients, surtout atteints d’une affection chronique, changent de perspective. La maladie leur apprend la patience, le sens des priorités, l’écoute de soi, mais aussi des autres. Ils se découvrent des forces ou des talents insoupçonnés : la capacité à surmonter des défi s au quotidien, à s’orienter vers d’autres hobbies, à développer des relations plus profondes, à réévaluer leurs valeurs et, finalement, à mieux apprécier la vie.

Une forme de médecine moderne tient compte de ces éléments : elle devient plus globale et intègre aux traitements classiques des pratiques complémentaires visant le bienêtre  ; c’est la médecine intégrative. Le patient est accompagné, souvent en groupe, dans son vécu émotionnel et social, et pas seulement dans son traitement médical. Finalement, ce « voyage » avec la maladie est simplement une expérience humaine.

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