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Cancer du rein : quels espoirs thérapeutiques ?

Dr. Marco Gizzi

Dr. Marco Gizzi

Oncologue spécialisé en urologie

Grand Hôpital de Charleroi – Cliniques universitaires Saint-Luc

Onzième cancer le plus fréquent en Belgique, le cancer du rein compte chez nous environ 1 800 nouveaux cas par an. Quels en sont les signes d’alerte et les traitements d’avenir ?

Texte : Maria-Laetitia Mattern

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Quels sont les symptômes d’une tumeur rénale ?

Dr. Gizzi : «Il existe une triade de symptômes associés au cancer du rein : douleur lombaire, masse du flanc pour tumeur volumineuse et perte de sang par voie urinaire. Ces trois symptômes sont assez typiques du cancer du rein mais ne sont pas non plus spécifiques à cette pathologie : on peut présenter ces symptômes-là sans qu’ils ne cachent une tumeur rénale. »

« À l’inverse, on peut également avoir ce cancer sans présenter de symptômes, ce qui explique son diagnostic souvent tardif. La grande majorité des tumeurs du rein (65 %) est diagnostiquée de façon fortuite, le plus souvent du fait d’examens d’imagerie abdominale (échographie, scanner) faits pour l’exploration de symptômes non urologiques. Elles sont alors en général de petite taille et localisées au rein. »

Qui est concerné par le cancer du rein et quels en sont les facteurs de risque ?  

«Son pic d’incidence se situe entre 60 et 70 ans. Sa fréquence augmente constamment depuis 30 ans, du fait de la généralisation des examens d’imagerie abdominale et peut-être de facteurs environnementaux. Ses facteurs de risque sont, entre autres, l’obésité, l’insuffisance rénale chronique ou encore le tabagisme.»

Quelles en sont les options thérapeutiques ?

«Si le cancer est localisé, se pose d’abord la question de la nécessité du traitement. Si la tumeur est très petite et n’évolue pas, une surveillance active est suffisante. Sinon, nous envisageons deux possibilités. »

La grande majorité des tumeurs du rein est diagnostiquée de façon fortuite, le plus souvent du fait d’examens d’imagerie abdominale.

« La première, ce sont des traitements dit ablatifs qui consistent à détruire soit par le froid (cryoablation), soit par une hyperthermie (radiofréquence) les petites tumeurs (moins de 4cm) en introduisant une sonde dans la tumeur. L’autre option est la chirurgie classique, qui est souvent le traitement de référence. »

« Dans 30 % des cas, le cancer du rein est diagnostiqué d’emblée avec des métastases et environ un tiers des patients traités d’un cancer du rein développe des métastases après le traitement. Heureusement, de nouvelles thérapies sont en développement visant à mettre la maladie en rémission complète. » 

En quoi consistent ces traitements-là ? 

«Deux options thérapeutiques ont prouvé leurs bénéfices dans des études scientifiques : les médicaments anti-angiogéniques, par voie orale, qui empêchent la création de vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur et l’immunothérapie, par perfusions, qui permet de réveiller le système immunitaire du patient afin qu’il attaque la tumeur. »

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Quels sont les résultats de l’immunothérapie sur les cancers rénaux ? 

«Ils sont déjà très concluants. À son arrivée, en 2015, l’immunothérapie était utilisée seule, après échec du médicament anti-angiogénique. »

« Petit à petit, nous avons essayé de faire intervenir l’immunothérapie plus tôt dans le traitement de la tumeur rénale métastatique. Aujourd’hui, des études ont démontré ses bénéfices lorsqu’elle intervient dès que le patient présente des métastases. Elle peut alors soit être utilisée avec un traitement antiangiogénique soit être combinée à un deuxième produit d’immunothérapie. »

L’immunothérapie a permis d’améliorer drastiquement la survie globale des patients souffrant d’un cancer du rein métastasés.

« L’immunothérapie a permis d’améliorer la survie globale des patients métastasés : la rémission complète est passée de 1 à 2 % avec les antiangiogéniques seuls à 6 à 10 % grâce à l’immunothérapie. Et même s’il existe des effets secondaires – qui peuvent être sévères et doivent être surveillés – elle apporte aussi une meilleure qualité de vie aux patients. » 

Quelles évolutions sont attendues pour le futur ?

«Ce qui manque actuellement ce sont des facteurs prédictifs de réponse : seuls 30 % des patients répondent à l’immunothérapie. À l’avenir, il faudra donc essayer de prédire qui peut y répondre, et augmenter l’efficacité de ces traitements pour atteindre ceux qui n’y répondent pas encore. »

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