Home » Maladies Chroniques » Les nouveaux traitements améliorent la qualité de vie dans la dermatite atopique
Sponsored

La dermatite atopique est une maladie inflammatoire qui se caractérise principalement par un prurit intense et/ou des lésions eczémateuses rouges. Heureusement, les médecins disposent depuis quelques années d’un vaste arsenal de thérapies innovantes permettant d’améliorer la qualité de vie des patients.

Pr Dr Jan Gutermuth

Chef du service de Dermatologie à l’UZ Brussel et à l’hôpital Sint Maria de Halle

Quel est l’impact de la dermatite atopique sur la qualité de vie ?

« Le prurit intense provoque des difficultés de sommeil chez les patients, ce qui a une grande incidence sur leur bien-être mental, leurs résultats scolaires et leurs activités professionnelles. Par ailleurs, l’eczéma rouge s’accompagne d’un dessèchement de la peau et d’une sensibilité accrue aux infections. Cela se traduit par l’apparition de rougeurs, de plaques suintantes, de boutons et de croûtes, en particulier dans les plis des coudes, des genoux et du cou. La conséquence est souvent un sentiment de honte et une limitation des activités sociales due à la stigmatisation des patients. »

Chiffres à relever

– La dermatite atopique est l’une des affections cutanées les plus fréquentes.

– En Belgique, plus de 3% de la population adulte et de 10 à 20% des enfants souffrent de dermatite atopique. 

– La maladie se manifeste généralement dans l’enfance et peut persister à l’âge adulte ; plus rarement, elle peut commencer à l’âge moyen ou même chez les personnes âgées.

En quoi les traitements classiques consistent-ils ?

« Conformément aux recommandations européennes, le traitement débute toujours par une crème à la cortisone. Ensuite, nous l’associons dès que possible à l’hydratation de la peau sèche et au renforcement de la barrière cutanée. Nous disposons aussi d’immunomodulateurs sous forme de pommade, qui sont sans cortisone et qui peuvent donc être utilisés de manière prolongée au niveau du visage et des zones intimes. »

« Si ces traitements ne fonctionnent pas, nous pouvons appliquer une photothérapie. Malheureusement, cette thérapie n’est pas remboursée en Belgique alors qu’elle jouit pourtant d’une reconnaissance internationale. Enfin, nous avons aussi des médicaments qui modulent le système immunitaire. »

Quelles sont les innovations qui offrent de nouvelles perspectives aux patients ?

« Depuis quelques années, nous disposons de deux nouveaux groupes de médicaments : les agents biologiques et les inhibiteurs de Janus kinase (JAK). Les produits biologiques sont des anticorps dirigés contre les agents pro-inflammatoires du système immunitaire (p. ex. les interleukines 4 et 13). Ces injections parviennent à réduire les démangeaisons et l’inflammation pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et à améliorer la barrière cutanée. »

« Les inhibiteurs de JAK sont des comprimés qui bloquent efficacement les signaux envoyés aux cellules par un vaste groupe d’interleukines. De ce fait, nous pouvons également contrôler rapidement le prurit et l’inflammation. Cependant, comme ils ont une durée d’action plus courte que les produits biologiques, ils doivent être pris régulièrement. »

« Dès que nous avons trouvé le produit et le schéma thérapeutique appropriés, ces médicaments nous permettent d’obtenir un meilleur contrôle de la maladie, y compris chez les patients sévèrement atteints, et ce, souvent avec moins d’effets secondaires qu’avec les traitements classiques. Nous observons par ailleurs souvent un effet positif indirect sur des comorbidités telles que l’asthme, le rhume des foins ou la dépression. Nous sommes ainsi en mesure d’aider bien plus de patients qu’il y a dix ans et de leur offrir la possibilité de reprendre une vie normale. »

230857 – Août 2023 

Next article