Les maladies rénales font partie des problèmes de santé les plus sous-estimés à l’heure actuelle. Elles sont souvent silencieuses, sans symptômes apparents, jusqu’à ce que les dégâts soient avancés et irréversibles.

Dr Ron Daelemans
Néphrologue et cofondateur de Niernet Vlaanderen
Selon le Dr Ron Daelemans, néphrologue et cofondateur de Niernet Vlaanderen, c’est précisément là que se trouve l’opportunité à saisir. « Avec des tests simples et accessibles, nous pouvons détecter précocement les maladies rénales, freiner la progression et dans de nombreux cas éviter la dialyse. »
La partie émergée de l’iceberg
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aujourd’hui, la Flandre compte environ 5 500 patients sous dialyse et 7 500 patients transplantés rénaux. De plus, environ 35 000 personnes sont enregistrées au trajet de soins officiel pour l’insuffisance rénale chronique, qui débute lorsque la fonction rénale (DFG) passe sous la barre des 45 %. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. « Nous estimons qu’environ 600 000 flamands souffrent de problèmes de rein, tels que des protéines ou des globules rouges dans les urines, sans qu’ils ne le sachent et ne soient diagnostiqués », déclare Daelemans.
Qui court le plus grand risque ?
Les principaux groupes à risques sont pourtant bien connus : les personnes souffrant de diabète, d’hypertension artérielle ou de maladies cardiovasculaires. Pour ces personnes, un dépistage systématique est essentiel, mais il fait souvent défaut. Le non-suivi et/ou le manque de recommandations claires et adaptées à la réalité locale jouent un rôle crucial. « La mesure de la fonction rénale et le dépistage de protéines dans les urines ne sont pas systématiquement intégrés au processus de diagnostic du dossier médical électronique », explique Daelemans. « Pourtant, un simple échantillon d’urine suffit à détecter des signes précoces. »
Le dépistage précoce bénéfique pour les patients et la société
Une détection précoce est essentielle au niveau médical, mais profite aussi grandement à la société. Le parcours de dialyse est extrêmement pénible pour le patient et peut rapidement coûter jusqu’à 80 000 euros par patient et par an à la société. Ces dernière années, de nouveaux médicament ont également été développés. Ceux-ci peuvent considérablement ralentir la progression des maladies rénales, voire y mettre un terme. « Mais pour cela, il est essentiel de dépister les patients à temps », insiste Daelemans. « De nombreuses personnes sont complètement asymptomatiques jusqu’à ce que les dégâts soient déjà graves. »
Détecter tôt pour améliorer l’efficacité du traitement
En Belgique, les maladies rénales sont encore trop souvent détectées tardivement, ce qui empêche une prise en charge précoce et augmente le risque de devoir recourir à la dialyse. Un dépistage précoce et systématique permet aux professionnels de santé de ralentir cette évolution et de prévenir autant que possible le recours à la dialyse et donc à la transplantation. Lorsqu’une transplantation devient nécessaire, le don vivant d’organe offre les meilleures chances de succès à long terme : les reins provenant de donneurs vivants fonctionnent généralement mieux et plus longtemps. Cependant, la transplantation n’est pas toujours une solution définitive. Un rein transplanté fonctionne en moyenne entre 10 et 20 ans, après quoi certains patients peuvent avoir besoin d’une nouvelle greffe.
La collaboration comme clé pour de meilleurs soins
Selon Daelemans, la collaboration est la clé. Les médecins généralistes, les néphrologues, les pharmaciens, les associations de patients et même le secteur pharmaceutique doivent unir leurs forces. Les pharmaciens peuvent inciter les patients à risque à faire contrôler leur fonction rénale. Par ailleurs, le dépistage par les pharmacies doit commencer à être envisagé. « Niernet Vlaanderen souhaite jouer un rôle fédérateur en tant que représentant de tous les patients souffrant de problèmes rénaux en Flandre, tout en mettant l’accent sur la sensibilisation, la prévention et le dépistage précoce en première ligne. »
L’heure du diagnostic a sonné
« Il est temps de mettre en place des diagnostics structurels des maladies rénales en Flandre », conclu Daelemans. « Avec des tests simples et une collaboration plus efficace, nous pouvons sauver la fonction rénale de nombreux patients, prolonger des vies et prévenir des souffrances humaines et sociétales inutiles. »
MALADIES RÉNALES GÉNÉTIQUES
Maladies rénales génétiques : le diagnostic peut se faire dès la naissance
L’AIRG Belgique, association de patients spécialisée dans ces pathologies, soutient ces personnes en les informant, en les réunissant et en favorisant la recherche grâce à un large conseil médical. Les patients atteints de maladies rénales rares, même lorsque la cause exacte n’est pas identifiée, sont également les bienvenus au sein de l’association. Un diagnostic précoce améliore considérablement le pronostic, et en théorie, certaines variantes pourraient être dépistées dès la naissance grâce au test de Guthrie.
En savoir plus : airg-belgique.org/fr
NP47639-février 2026
Plus d’informations sur les maladies rénales via www.niernet.be (NierNet Vlaanderen) et
www.zorgvoorjenieren.be (NBVN/Association belge néerlandophone pour la néphrologie)