Aux Pays-Bas, environ 200 000 personnes souffrent d’épilepsie et environ 8 000 nouveaux cas se déclarent chaque année. Qu’est-ce que l’épilepsie, que peut-on y faire et quel en est l’impact ?

Pr Marian Majoie
Neurologue chez Academisch Centrum voor Epileptologie van Kempenhaeghe et Maastricht Universitair Medisch Centrum+
« L’épilepsie est une affection qui se manifeste sous de très nombreuses formes », déclare la Pr Marian Majoie (Academisch Centrum voor Epileptologie van Kempenhaeghe et Maastricht Universitair Medisch Centrum+). « À un moment, tout va bien et une seconde après, l’état de la personne peut se dégrader grièvement. Les crises soudaines, déclenchées par des décharges électriques excessives d’un groupe de cellules nerveuses dans le cerveau, sont caractéristiques de la maladie. Elles peuvent se traduire, par exemple, par des mouvements brusques, des modifications du comportement ou une perte de conscience. Tout dépend de l’endroit du cerveau où se produit la crise. »
Grandir avec l’épilepsie agit sur le développement de la personnalité et peut avoir des répercussions importantes sur divers aspects de la vie quotidienne, comme la scolarité, les loisirs et le travail. Le risque d’anxiété et de dépression, mais aussi de blessures, d’accidents et de noyade, est plus élevé. Prendre un bain seul, par exemple, est déconseillé et les personnes atteintes d’épilepsie active ne peuvent pas conduire un véhicule. « Chez environ deux tiers des personnes épileptiques, les crises peuvent être maîtrisées à l’aide de médicaments. Le dernier tiers développe une forme chronique, appelée épilepsie réfractaire. L’épilepsie est toujours un symptôme d’une autre affection. Elle peut être causée, notamment, par une lésion cérébrale, une infection, une anomalie génétique, un trouble métabolique ou une réaction du système immunitaire. »
L’épilepsie touche le plus souvent les jeunes enfants. Sa fréquence diminue chez les adolescents et les jeunes adultes, puis augmente à nouveau fortement à partir de l’âge de 65 ans. « Ces dernières décennies, plusieurs méthodes ont été mises au point afin de déterminer encore mieux la cause de l’épilepsie. L’arsenal thérapeutique s’est ainsi considérablement élargi. De nouveaux médicaments et de nouvelles techniques chirurgicales ont été développés. Des progrès ont également été réalisés dans le domaine de la neurostimulation, de l’immunothérapie et de la nutrition. »
Le tabou autour de l’épilepsie disparaît à mesure que la population y est sensibilisée, souligne le professeure Majoie. « En Grande-Bretagne, jusqu’en 1971, l’épilepsie était considérée par la loi comme un motif de divorce valable. Heureusement, beaucoup de choses ont changé, mais il reste nécessaire de montrer que l’épilepsie est plus fréquente que ce que l’on veut bien admettre et que les crises peuvent avoir d’importantes répercussions sur les patients et leurs proches. Les personnes qui continuent à développer des crises malgré le traitement doivent pouvoir fonctionner du mieux possible dans la société. »
Cet article a été réalisé grâce au soutien d’Angelini Pharma
MAT-BE-0021-NP