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Santé féminine

La santé des femmes ne peut plus attendre la maladie

Maxime Fastrez, MD, PHD - GYNECOLOGIC ONCOLOGY – ENDOMETRIOSIS - ASSOCIATE OB GYN DEPT HEAD - CRGOLFB PRESIDENT

En Belgique, nous dépistons, nous traitons, nous opérons. Mais nous prévenons encore trop peu. En tant que gynécologues-obstétricien*ne*s, nous intervenons lorsque le risque est déjà installé. Or la prévention primaire, éviter que la maladie n’apparaisse, devrait être un pilier central de la santé des femmes.

Par exemple, près de 640 femmes sont diagnostiquées chaque année avec un cancer du col de l’utérus en Belgique, et environ 230 en meurent (Sciensano). La quasi-totalité des cancers du col de l’utérus peut être évitée grâce à la vaccination contre le papillomavirus (HPV), couplée au programme de dépistage (le frottis). Pourtant, en Fédération Wallonie-Bruxelles, seuls 64 % des filles et 56 % des garçons reçoivent une première dose de vaccin à l’adolescence (ONE), alors qu’il est gratuitement mis à disposition dans le cadre scolaire.

Prévenir, c’est éviter des maladies et améliorer la condition des femmes.

Des risques multiples, une prévention élargie

Mais la prévention des maladies féminines ne se limite pas à celle du cancer du col utérin, qui est rare. Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité chez les femmes. Le tabagisme altère la fertilité et augmente les risques obstétricaux. La consommation régulière d’alcool augmente le risque de cancer du sein. Toutes les formes de violences faites aux femmes, souvent invisibles, ont des conséquences psychiques et physiques durables. La santé des femmes dépasse en effet largement la seule sphère reproductive.

La prévention ne peut reposer uniquement sur la volonté individuelle des femmes à s’occuper d’elles-mêmes. Elle est avant tout un choix de société et doit faire partie structurante de nos politiques de santé.

Il est temps d’agir structurellement

La prévention ne peut reposer uniquement sur la volonté individuelle des femmes à s’occuper d’elles-mêmes. Elle est avant tout un choix de société et doit faire partie structurante de nos politiques de santé. Il nous appartient, à nous, médecins, de militer pour renforcer la couverture vaccinale contre l’HPV, consolider l’éducation à la santé et à la vie affective, améliorer l’accès aux soins, lutter contre le tabac et l’alcool, et mieux intégrer le risque cardiovasculaire féminin dans la médecine de première ligne.

Prévenir, c’est éviter des maladies et améliorer la condition des femmes. La Belgique dispose des outils. Il est temps d’en faire une priorité claire, durable et coordonnée.

Références
1. Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE). Enquête de couverture vaccinale contre le papillomavirus humain (HPV) en Fédération Wallonie-Bruxelles 2022–2023. Bruxelles: ONE; 2024.
2. Sciensano. Couverture vaccinale des vaccinations de base en Belgique. Bruxelles: Sciensano; 2023.
3. Sciensano. Clinical guidance supporting the introduction of HPV test in cervical cancer screening in Belgium. Bruxelles: Sciensano; 2019.
4. HPV Information Centre. Human Papillomavirus and Related Cancers, Belgium. Fact Sheet 2023. Barcelona: ICO/IARC HPV Information Centre; 2023.
5. Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI). Détection du cancer du col de l’utérus en Belgique : introduction du test HPV comme test de dépistage primaire. Bruxelles: INAMI; 2023.

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