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Santé féminine

Ophélie Fontana : « S’engager pour la santé, c’est aussi un devoir citoyen »

Journaliste et présentatrice du JT à la RTBF, Ophélie Fontana incarne une information humaine et engagée. Marraine de l’association Think Pink, elle met aujourd’hui sa notoriété au service de la sensibilisation au cancer du sein, avec une conviction forte : la prévention peut sauver des vies.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours à la RTBF ?

J’ai 46 ans et cela fait déjà pas mal d’années que je travaille à la RTBF. J’y ai fait mon stage en 2000, j’ai été diplômée en 2001 et, depuis, je n’ai jamais quitté cette maison. J’ai eu l’occasion d’y exercer différentes fonctions, toujours avec cet ancrage journalistique qui me tient à cœur. Parfois, j’ai l’impression que tout a commencé hier, et c’est plutôt bon signe : ça veut dire qu’on ne s’ennuie pas. J’ai la chance de pouvoir faire un métier passion, un métier de rencontres, qui permet de se renouveler et d’apprendre chaque jour. C’est cette énergie-là qui me porte aussi dans mes engagements personnels.

Justement, vous êtes engagée depuis des années auprès de Think Pink ?

C’est un engagement très sincère, du cœur. Ce n’est pas une question d’image ou de « bonne action ». La santé reste encore trop peu médiatisée, alors qu’elle nous concerne toutes et tous. Comme beaucoup de gens, j’ai été confrontée à la maladie dans mon entourage. Quand on a la chance d’avoir un peu de notoriété, on peut devenir un porte-voix pour des messages essentiels, notamment en matière de prévention.

La santé reste encore trop peu médiatisée, alors qu’elle nous concerne toutes et tous.

Comment utilisez-vous cette notoriété pour sensibiliser au cancer du sein ?

Être connue n’a pas que des avantages, mais dans ce cas précis, c’en est un. Que ce soit via les médias traditionnels ou les réseaux sociaux, cela permet de toucher des publics très différents. Aujourd’hui, on peut aussi dialoguer directement avec les gens. Quand je partage un message sur l’importance du dépistage ou du mammotest, je vois qu’il est lu, qu’il suscite des réactions, des questions. Si cela incite ne serait-ce que quelques personnes à passer à l’action, c’est déjà énorme. La sensibilisation, c’est un acte citoyen.

Quel est votre rôle concret en tant que marraine de Think Pink ?

C’est avant tout une présence sur le terrain. Je participe aux grandes actions symboliques, notamment en octobre, durant Octobre Rose. Il y a par exemple la Think Pink Walk & Run, avec des milliers de femmes qui marchent ou courent pour faire passer le message. Certaines sont en plein traitement, d’autres en rémission. Cette solidarité et ce soutien collectif sont très importants, aussi sur le plan psychologique.

Vous êtes également impliquée dans les campagnes de prévention…

Oui, notamment autour du mammotest. Nous participons à des campagnes et réalisons parfois des vidéos pédagogiques, en essayant de sortir du jargon médical. L’idée est de dédramatiser et de parler avec des mots simples. Les chiffres montrent qu’en Wallonie, trop peu de femmes se font dépister, alors que l’examen est remboursé et a prouvé son efficacité. Détecté tôt, le cancer du sein se guérit dans près de 90 % des cas.

Détecté tôt, le cancer du sein se guérit dans près de 90% des cas.

Y a-t-il une rencontre ou une anecdote qui vous a particulièrement marquée ?

Oui, celle de Delphine, plus connue sous le nom de Mademoiselle Luna. Elle était ambassadrice Think Pink avec moi. Nous l’avons connue avant sa maladie, puis nous avons vécu son combat à ses côtés. Elle est devenue une source d’inspiration incroyable pour d’autres malades. Même si l’issue a été tragique, son courage nous a tous profondément marqués et continue de nous donner de la force pour poursuivre le combat.

Votre engagement a-t-il évolué avec les épreuves personnelles que vous avez traversées ?

Oui. Quelques années après mon engagement chez Think Pink, ma mère a été touchée par un cancer du poumon. Ce combat a pris une autre dimension. J’ai vu de près ce que la maladie implique pour les proches, l’importance du personnel médical et du soutien associatif. Cela m’a confortée dans l’idée qu’il fallait continuer à parler, à informer et à soutenir.

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