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Pandémie de Covid-19 : quel impact sur les patients du VIH ?

Ce n’est plus un secret : la pandémie de Covid-19 et les mesures qui l’ont accompagnée ont eu un impact considérable sur nos soins de santé. Parmi les victimes collatérales, la prise en charge des patients atteints du VIH, qui s’en est vue chamboulée. 

Texte : Maria-Laetitia Mattern

Point de vue du Prof. Michel Moutschen, spécialiste en maladies infectieuses au CHU de Liège.

Prof. Michel Moutschen

spécialiste en maladies infectieuses

CHU de Liège

Prof. Moutschen : « Nous avons en effet observé une diminution des consultations depuis le début de la pandémie, que ce soit auprès des spécialistes ou des équipes pluridisciplinaires qui entourent les patients vivant avec le VIH. Avec la première vague de confinement, nos patients ont perdu l’habitude de venir à date régulière. Il se pourrait que cette situation perdure de manière irréversible. Mais ça, seul l’avenir nous le dira.»

Quelles en sont les raisons ? 

Prof. Moutschen : « Pour certains patients, une méfiance s’est installée vis-à-vis de l’hôpital : ils ont l’impression que les salles d’attente sont des lieux où ils risquent davantage d’être contaminés par le coronavirus. Mais c’est aussi le mode d’interaction avec le monde médical qui a changé, avec une possibilité accrue de se faire envoyer des ordonnances par e-mail ou de remplacer une consultation par une discussion téléphonique avec son médecin, par exemple. »

Le suivi des traitements est-il affecté ?

Prof. Moutschen : « Globalement, nous n’avons pas observé d’augmentation de charge virale chez nos patients. Il faut savoir qu’aujourd’hui, les traitements du VIH ont tellement évolué que beaucoup de patients peuvent être assez autonomes. Mais tout dépend du patient : le besoin n’est pas le même chez celui qui est suivi depuis 10, 15 ou 20 ans avec une charge virale indétectable que chez celui qui vient d’être contaminé et qui doit prendre ses marques avec le corps médical. Les patients déjà distants du monde médical ont également vu ce lien se fragiliser un peu plus, voire se rompre tout à fait.

Enfin, nous avons également observé une baisse de fréquentation des programmes de PrEP (Prophylaxie pré-exposition), qui permettent de prévenir le risque de contamination par le VIH auprès de personnes à haut risque. Cela risque malheureusement de provoquer une augmentation de contamination au VIH. »

Qu’en est-il de la santé mentale des patients ?

Prof. Moutschen : « En discutant avec mes patients, j’ai l’impression qu’en moyenne, l’impact est plus important chez eux que dans la population générale. Le patient séropositif, pour différentes raisons, est une personne généralement plus isolée qui a moins de contacts sociaux ou familiaux. La pandémie de Covid-19 a rendu plus compliqués encore ces contacts, provoquant chez certains un grand sentiment de solitude. Mais il ne s’agit pas là d’une généralité. »

BE-UNB-0123 – Date of Preparation August 2021 
Avec le soutien de Gilead Sciences.

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