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Professeur émérite de médecine générale et médecine sociale à l’ULB, Michel Roland est également le coordinateur médical du développement de Topaz. Il s’agit là d’un logiciel transdisciplinaire destiné aux professionnels de la santé. Il nous en détaille les divers bénéfices.

Texte : Philippe Van Lil

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Michel Roland

Professeur émérite de médecine générale et médecine sociale à l’ULB

En quoi consiste votre logiciel ?

« Il s’inscrit dans le prolongement de Pricare, un système développé depuis une vingtaine d’années par la Fédération des maisons médicales. »

« Technologiquement parlant, il était arrivé en bout de course. À l’initiative de cette fédération, de médecins privés et d’autres acteurs – plannings familiaux, centres de santé mentale, etc., nous lui avons redonné une nouvelle vie sous le nom de Topaz. Il est conçu sur la base d’une architecture web et dans une philosophie ‘open source’. Il est transdisciplinaire dans la mesure où il dépasse la simple juxtaposition de quelques disciplines comme la médecine ou la kiné ; en plus il intègre tous les aspects de gestion RH, de comptabilité, etc. »

« L’objectif est de pouvoir fonctionner avec le logiciel depuis l’entrée d’un patient dans la salle d’attente jusqu’à la facturation, en passant par le suivi de tous les actes médicaux. »

Quels bénéfices les professionnels et les patients peuvent-ils en retirer ?

« Même si cela commence à changer, les soignants travaillent un peu en silo, chacun avec sa logique, y compris parfois dans les hôpitaux. Si un patient se présente en cardiologie un jour et en pneumologie le lendemain, les logiciels ne sont parfois pas compatibles entre les services. Et quand ils le sont, chaque soignant introduit son information de manière individuelle. »

« Avec Topaz, on a une synthèse globale, où chacun participe à construire l’histoire clinique d’un patient, du berceau au tombeau, avec tous les aspects préventifs et curatifs. »

Concernant l’aspect déshumanisant ou non, la littérature scientifique va dans les deux sens.

« Au début, nous avions imaginé que notre logiciel resterait cantonné au secteur social de la santé ambulatoire, mais nous sommes également sollicités par des polycliniques et des médecins spécialisés intéressés par ce système. À terme, un tel logiciel pourrait traverser les lignes de soins, depuis le médecin de famille jusqu’aux hôpitaux universitaires. »

On diabolise parfois la digitalisation du secteur médical, en raison notamment de craintes liées à une certaine déshumanisation ou à la protection des données. Quelle est votre réflexion à ce sujet ?

« Aucun système n’est inviolable… Même l’OTAN a été victime de piratage ! Toutefois, notre système utilise une technique de cryptographie, y compris une clé de cryptage, au niveau des postes des utilisateurs. »

« En d’autres termes, toutes les informations hébergées sur les serveurs sont encryptées et les hébergeurs eux-mêmes ne peuvent pas avoir accès à la clé. C’est un niveau de sécurité auquel on ne peut même pas prétendre avec des dossiers papier ! »

« Concernant l’aspect déshumanisant ou non, la littérature scientifique va dans les deux sens. C’est en fait surtout lié aux conditions matérielles de l’utilisation de l’informatique. Pour ma part, je suis un médecin de parole : j’adore parler et écouter, ce qui permet d’améliorer la qualité de la communication. »

« En outre, j’ai travaillé pendant 15 ans avec le système Pricare ; je plaçais toujours mon écran pour que le patient puisse voir en temps réel ce que j’encodais. Le patient pouvait ainsi réagir aussitôt s’il voyait une erreur ou s’il désirait connaître la provenance d’une information. »

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