Un traitement contre le cancer de la prostate peut avoir des conséquences majeures sur la sexualité, l’image de soi et la relation. Pourtant, ce sujet est rarement abordé. Selon l’oncosexologue Kristel Mulders, un accompagnement de qualité commence par des renseignements fournis en temps utile, la reconnaissance de la perte subie et la possibilité de dialoguer.

Kristel Mulders
ONCOSEXOLOGUE
Roger a subi une opération pour un cancer de la prostate début 2023. On lui a donné énormément d’explications sur l’intervention et l’incontinence éventuelle, mais beaucoup moins sur l’impuissance et les répercussions psychologiques. Ce n’est qu’après sa première convalescence qu’il a pleinement pris conscience de la perte de ses érections. « Chaque matin, on me rappelait que mon corps avait changé. » La spontanéité et la vitalité qu’il y associait lui manquaient également.
Revenir à plusieurs reprises sur la sexualité
Selon Mulders, les patients doivent être informés, dès le diagnostic, que le traitement peut avoir une incidence sur leur sexualité. Ces informations doivent également être répétées après le traitement. « Sous l’effet de la peur et de l’incertitude, les émotions prennent le dessus et on retient peu d’informations. »
Selon elle, c’est le médecin qui est le mieux placé pour engager la conversation. Les infirmiers et autres professionnels de santé peuvent également revenir sur ce sujet ultérieurement. Ainsi, le patient n’a pas besoin de rechercher lui-même des informations et un accompagnement spécialisé.
Écoutez, soyez présent et laissez libre cours à vos émotions.
La reconnaissance ouvre la voie
Selon Mulders, il faut d’abord s’intéresser à ce qui a été perdu. Grâce à cela, la sexualité pourra redevenir quelque chose de beau, même si elle sera vécue différemment. La signification du terme « rétablissement » peut varier. C’est pourquoi un accompagnement de qualité doit partir de ce qui est important pour le patient.
Un partenaire n’a pas à apporter de solution. « Écoutez, soyez présent et laissez libre cours à vos émotions », conseille Mulders. Une communication ouverte permet d’éviter les malentendus et peut aider un couple à trouver une intimité qui convienne aux deux partenaires.
Le podcast de Mediaplanet consacré à l’intimité et au cancer de la prostate sera publié en novembre. Dans ce podcast, Kristel Mulders aborde plus en détail l’accompagnement, la communication et le rôle du partenaire.
Cet article a été réalisé avec le soutien de Bayer.
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