À Bruxelles, Pfizer recrute des adultes en bonne santé, avec un IMC supérieur à 27.
L’obésité n’est pas qu’une question de poids. Reconnue comme une maladie chronique, complexe et multifactorielle, elle augmente le risque de diabète, d’hypertension, d’Accident Vasculaire Cérébral ou autres maladies cardiovasculaires ou articulaires. D’ici 2030, plus d’un milliard de personnes pourraient être concernées dans le monde. En Belgique aussi, « l’obésité touche environ un adulte sur cinq, tandis qu’une personne sur deux est en surpoids », rappelle la Dr Isabelle Huyghe.
De nouvelles pistes
Les changements alimentaires et de mode de vie (plus d’exercice physique, …) ne suffisent pas toujours. De nouvelles options thérapeutiques restent donc nécessaires. « Il y a plusieurs études dans le programme. Elles portent sur l’absorption par voie orale, la distribution dans la circulation sanguine, le métabolisme par le foie et l’élimination par les reins des médicaments, d’autres sur la satiété et la sensation de faim », explique Isabelle Huyghe.
L’Unité de recherche clinique de Pfizer (PCRU) à Bruxelles recherche donc des adultes en bonne santé, âgés d’au moins 18 ans. « Il est préférable de travailler directement avec la population cible (avec un IMC supérieur à 27, donc, NdlR), car l’absorption des médicaments peut être influencée par la quantité de graisse corporelle. »
Chaque étude doit obtenir l’accord de l’Agence du médicament et d’un comité éthique avant de commencer.
Un cadre très contrôlé
Tout commence par un examen de sélection. « Nous leur expliquons l’étude en détail et nous vérifions que les participants soient en bonne santé : électrocardiogramme, prise de sang, analyse urinaire, mesure de la tension artérielle… Tout est vérifié avant et suivi pendant l’étude. »
Il faut rappeler que les études cliniques sont extrêmement réglementées. « Chaque étude doit obtenir l’accord de l’Agence du médicament et d’un comité éthique avant de commencer. Notre objectif est de développer des médicaments pour les futurs patients, tout en préservant la santé des participants. »
Aussi, une compensation financière est prévue pour les participants. « En moyenne, elle est d’environ 250 euros par jour », précise Isabelle Huyghe.
Et la professionnelle de conclure. « Sans les participants, il est impossible de développer de nouveaux traitements pour les futurs patients. Ce sont de véritables partenaires de recherche. »
Témoignage
Participer à la recherche, « parce que je peux le faire »
À 40 ans passés, David (prénom d’emprunt, NdlR) participe à sa cinquième étude clinique. Une démarche entreprise par curiosité, avant d’y trouver une façon très concrète de contribuer à la recherche.
« Tout le monde a besoin de médicaments un jour ou l’autre »
Tout a commencé par une publicité aperçue dans un journal. « J’avais la possibilité de le faire et je trouvais ça intéressant pour aider à développer les médicaments. Tout le monde a besoin de médicaments un jour ou l’autre. » Une motivation scientifique qui reste au cœur de sa démarche. « Je suis en bonne santé, je peux m’arranger avec mon travail et ma famille. Tout était à ma faveur. Je peux le faire, donc j’y vais. »
David avait pourtant quelques appréhensions au départ : la peur de ne pas savoir précisément ce qu’on allait lui administrer ou de subir des effets secondaires à long terme. « Mais on reçoit énormément de documents, on peut poser toutes les questions au médecin et on peut arrêter à n’importe quel moment. » Avant chaque étude, un screening est réalisé : électrocardiogramme, tension, analyses de sang et d’urine. Ce n’est qu’ensuite que la participation est confirmée.
« Je me sens vraiment en sécurité ici »
L’expérience est différente de l’image très hospitalière qu’il s’en faisait. Hormis les contrôles après l’administration d’un médicament ou d’un placebo, les journées laissent beaucoup de temps libre. « Il y a une salle de cinéma, une bibliothèque, un billard, du Wi-Fi… Je peux télétravailler et je suis parfois plus productif ici qu’à la maison. »
L’ambiance l’a également surpris. « Les équipes sont extrêmement professionnelles, mais l’atmosphère est détendue et bon enfant. On est dans un milieu médical sans avoir l’impression d’être malade. »
La participation est indemnisée. Selon son expérience, David évoque « entre 200 et 300 euros par nuitée », auxquels s’ajoute une compensation pour les déplacements. Mais il insiste : ce n’est pas ce qui l’a poussé à commencer. Ce qu’il retient surtout, c’est l’encadrement. « Il y a des infirmiers, des médecins, du matériel médical. C’est ici que je me sens vraiment le plus en sécurité au niveau de ma santé. »