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Traitements et patients

Une meilleure protection contre la grippe pour les plus de 65 ans

Beaucoup de gens considèrent encore la grippe comme un mal hivernal anodin. C’est pourtant loin d’être le cas, met en garde le professeur Pierre Van Damme, vaccinologue, directeur de Vaccinopolis (UAntwerpen) et initiateur de l’Adult Immunization Board.

Professeur Pierre Van Damme

Vaccinologue, directeur de Vaccinopolis (UAntwerpen) et initiateur de l’Adult Immunization Board

Une infection grippale peut avoir de lourdes conséquences, surtout chez les personnes âgées. Il préconise dès lors d’étendre la culture de la vaccination et d’administrer des vaccins antigrippaux renforcés aux plus de 65 ans.

La grippe ne se limite pas aux voies respiratoires

Pour la plupart des gens, la grippe est associée à de la fièvre, de la toux et quelques jours de maladie. Pourtant, les conséquences de cette infection sont bien plus importantes. Selon Pierre Van Damme, les complications respiratoires, telles que la bronchite chronique et la pneumonie (nécessitant dans certains cas une hospitalisation), sont connues depuis longtemps. Ce que l’on sait moins, c’est que le virus de la grippe a également un impact sur le système cardiovasculaire.

Les cardiologues constatent de plus en plus souvent des incidents cardiovasculaires après un épisode grippal, comme un infarctus du myocarde.

« Les cardiologues constatent de plus en plus souvent des incidents cardiovasculaires après un épisode grippal, comme un infarctus du myocarde », déclare-t-il. Le virus provoque en effet des réactions inflammatoires qui affectent non seulement les poumons, mais aussi le cœur et les vaisseaux sanguins. « À cet égard, la grippe présente des similitudes avec le COVID19. La prévention par la vaccination permet donc non seulement d’éviter la grippe, mais aussi de réduire le risque de problèmes cardiovasculaires graves et d’hospitalisation. »

Les personnes âgées courent un plus grand risque

Les personnes âgées de plus de 65 ans y sont particulièrement vulnérables. Selon Pierre Van Damme, c’est dû à l’immunosénescence, le processus naturel par lequel le système immunitaire s’affaiblit à mesure que nous vieillissons. « L’immunosénescence augmente la probabilité d’infections et de complications en cas d’exposition à des virus et à des bactéries. » De plus, de nombreuses personnes âgées souffrent déjà de maladies chroniques. « Une infection grippale peut aggraver des problèmes de santé existants ou perturber les traitements. »

Même les seniors en bonne santé et actifs ne sont pas à l’abri de ce risque accru. « Ce n’est pas parce qu’une personne est sportive et ne présente aucun symptôme que la grippe ne représente pas un danger pour elle », souligne Pierre Van Damme. « L’âge reste un facteur de risque important en soi. »

La vaccination, partie intégrante d’un mode de vie sain

Selon Pierre Van Damme, un changement de mentalité s’impose : « La vaccination antigrippale ne doit plus être uniquement réservée aux personnes souffrant déjà de certaines maladies cardiaques ou pulmonaires. Elle s’inscrit dans une vision plus large du vieillissement en bonne santé. » Il compare la vaccination annuelle à d’autres contrôles de santé de routine. « Le but est simple : rester en bonne santé et prévenir les hospitalisations. C’est important, car la grippe reste l’une des principales causes d’hospitalisation en hiver en Flandre. »

Le but est simple : rester en bonne santé et prévenir les hospitalisations.

Les vaccins renforcés offrent une protection supplémentaire

Pour l’hiver prochain, le Conseil Supérieur de la Santé recommande l’utilisation de vaccins antigrippaux renforcés chez les personnes de 65 ans et plus. Pierre Van Damme : « Les vaccins antigrippaux classiques protègent généralement bien les personnes plus jeunes, mais leur efficacité est moindre chez les personnes âgées, car leur système immunitaire réagit moins fort. Les vaccins renforcés tiennent compte de cette diminution des défenses immunitaires. Il en existe deux formes : un vaccin adjuvanté, qui contient un adjuvant qui stimule la réponse immunitaire, et un vaccin à haute dose, qui contient une dose plus élevée d’antigènes. Tous deux offrent une protection plus efficace. »

Des études montrent une amélioration relative de 10 à 30 % de l’efficacité des vaccins renforcés contre l’hospitalisation chez les adultes de 65 ans et plus.

Un consensus international de plus en plus large sur la valeur ajoutée

De plus en plus de pays européens optent pour des vaccins antigrippaux renforcés chez les personnes âgées. Avec les nouvelles recommandations du Conseil Supérieur de la Santé, la Belgique rejoint cette évolution. Selon Pierre Van Damme, les résultats scientifiques sont suffisamment convaincants pour soutenir cette approche. « En outre, la disponibilité ne devrait pas constituer un obstacle cette année. L’hiver dernier, la quantité de vaccins renforcés disponibles n’était pas suffisante, mais comme l’avis du CSS a cette fois été communiqué à temps, les entreprises pharmaceutiques et les pharmacies ont plus de temps pour se préparer. »

Pierre Van Damme souligne toutefois que si les personnes concernées ne trouvent pas de vaccin renforcé, il est essentiel qu’elles se fassent tout de même administrer un vaccin antigrippal classique. « C’est toujours mieux que pas de protection du tout. » 

BE-FLUD-2600052 – juli 2026

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