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Santé & innovation

Une approche holistique de l’immobilier de santé

En collaboration avec
En France, le projet de complexe intergénérationnel Nice Méridia combine écoles primaire et maternelle, maison de repos et centre de jour pour personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer.
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En France, le projet de complexe intergénérationnel Nice Méridia combine écoles primaire et maternelle, maison de repos et centre de jour pour personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Un bâtiment abritant un complexe hospitalier n’est plus seulement une masse de béton : des aspects liés à la durabilité et à la communauté entrent en jeu. Entretien avec Laurent Grisay et Karol Gawlik, respectivement Director Hospital Projects et  Research & Innovation au sein du cabinet d’architecture. archipelago 

Laurent Grisay

Director Hospital Projects

Archipelago 

Karol Gawlik

Research & Innovation

Archipelago 

Votre projet de rénovation de l’hôpital Joseph Bracops, à Anderlecht, a été récompensé par le Future Healthcare Design Award. Quelle a été votre approche ?

Laurent Grisay : « Nous l’avons conçu avec une approche circulaire : le projet a d’abord une fonction hospitalière, mais il pourrait fort bien être transformé dans le futur et intégrer d’autres fonctions : maisons de repos, logements collectifs, tertiaire… L’idée était donc de concevoir le bâtiment dans cette optique dès les premières esquisses, afin de minimiser les coûts et récupérer un maximum de matériaux lors des prochaines transformations. »

Avec aussi l’ambition de connecter l’hôpital à son quartier ?

L.G. : « D’un point de vue plus urbanistique, l’objectif était d’ouvrir l’espace hospitalier à la communauté environnante : intégration d’une cafétéria sur le site, concept d’un grand jardin hospitalier partagé avec les riverains, ou encore la possibilité d’accueillir des activités de prévention liées à la communauté. »

Karol Gawlik : « En termes de circularité, les gens sont intéressés par le concept, mais c’est aussi un aspect qui nous échappe complètement en tant que concepteurs : nous créons une structure démontable, adaptable et l’offrons aux générations futures, sans savoir ce qu’elles en feront. Nous devons voir au-delà de la fonction première du bâtiment et penser à plus long terme, même s’il est difficile pour un être humain de se projeter au-delà de sa propre personne et de sa propre existence. Nous nous devons d’offrir une structure qui pourra avoir plusieurs vies. »

Le projet de rénovation de l’hôpital Joseph Bracops, à Anderlecht, a été récompensé par le Future Healthcare Design Award et a été conçu selon une approche circulaire.

L’approche a été similaire pour le CHwapi à Tournai ?

L.G. : « Oui, mais à une échelle différente, Bracops étant un hôpital de proximité de taille modeste, alors que le CHwapi s’étend sur 150.000 m² de constructions. Mais avec la même idée d’intégrer dans le projet des espaces partagés avec le public et les riverains : une galerie qui accueille des fonctions horeca, des services etc. Et ce, afin de prendre soin non seulement des patients de l’hôpital, mais aussi du quartier et de la ville en général. »

D’autres projets mixtes combinent différentes fonctions ?

L.G. : « Par exemple, en France, le projet de complexe intergénérationnel Nice Méridia, en reconfiguration urbaine. Ce projet combine écoles primaire et maternelle, maison de repos et centre de jour pour personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Dans cette optique, la loggia de la maison de repos donnera sur la cour d’école où les enfants jouent, car il est démontré que des pensionnaires sont heureux de rester au contact de jeunes enfants, ça apporte un réel dynamisme à leur quotidien. Le même type de projet existe aussi en Belgique à Borgerwijk, à Sint-Katelijne-Waver. »

Plusieurs référentiels permettent de certifier la notion de bien-être ?

L.G. : « Nous avons adopté le référentiel WELL, afin de s’assurer que le personnel soignant et administratif, ainsi que les visiteurs qui vont interagir avec le bâtiment, le fassent dans les meilleures conditions possibles. L’objectif est de se focaliser sur le bien-être des gens gravitant autour du secteur de la santé. Et la crise du Covid, avec le confinement, a aussi accéléré cette prise de conscience : comment ramener les gens sur leur lieu de travail et recréer cette connexion sociale ? »

K.G. : « Parallèlement, pour le projet Bracops, nous avons collaboré avec Bruxelles Environnement, qui a financé une étude visant à tester le protocole ‘Reversible Building Design’ servant à objectiver le potentiel de réversibilité d’un bâtiment. Ils souhaitent développer un outil d’aide à la conception, et à moyen terme d’obligation de résultats en termes de conception circulaire. Cette collaboration est très fructueuse pour notre cercle de Recherche et Innovation. » 

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